Dany Beaupré (Faculté de communication, UQAM)
La médiatisation technique de l’information emprunte aux sens et à la cognition qui ont été jusqu’au Xxième siècle l’apanage exclusif du vivant. Jusqu’à présent, cette médiation instrumentale, assurée aujourd’hui par des moyens numériques, se découpe surtout en opérations discrètes d’échantillonnage, d’encodage, de description ou d’analyse. Aussi, serait-on tenté d’assimiler ces opérations à la notion plus large de transduction avancée par Simondon. Mais plus simplement, nous pourrions dire que ces opérations sont calquées sur l’approximation que notre raison donne de ses propres fonctions sensorielles ou cognitives. Or, les progrès des dernières décennies en neurosciences ont ébranlé cette perception. Elles renforcent l’idée que le fonctionnement du vivant n’est pas réductible à des opérations discrètes, mais s’accomplit dans un continuum tramé de chevauchements ou de parallélismes. Simondon nous dirait que ces opérations reflètentent l’individuation inhérente à la transduction qui dans son acception restreinte se définit comme un transfert d’information à travers un substrat matériel. Alors, si ce processus doit s’observer aisément dans les TIC, pourrait-on dire que les opérations ici présentées en sont un cas particulier ? Nous présenterons donc la version simplifiée d’une carte conceptuelle que j’ai intitulée « Médiatisation, codage, synthèse et transduction : conditions cognitives et sensorielles ». On le verra, le schéma est typiquement heuristique, au sens où il se veut aussi bien un outil pédagogique qu’une matière à discussion. Ici, la maxime « La carte n’est pas le territoire » s’applique donc d’emblée.
