Alexandre Coutant (Faculté de communication, UQAM)
Internet donne lieu à une variété de systèmes de recommandation, selon qu’ils soient produits par les plateformes, des organisations ou les pairs (Cardon, 2013). Leur multiplication fait même reposer une grande partie de leur économie sur l’exploitation de ces prescriptions à des fins consuméristes (Rallet, Rochelandet, 2011). Pour autant, l’efficacité de ces systèmes n’est pas systématiquement démontrée (Goldfarb, Tucker, 2011; Martin & al., 2016). Les réactions hostiles à leur omniprésence soulignent aussi que la compréhension des mécanismes par lesquels ils se voient attribuer confiance et autorité reste lacunaire (Kaplan, Francou, 2012). Cette présentation illustrera l’intérêt d’analyser ces mécanismes par le biais des théories de la prescription (Hatchuel, 2000). Celles-ci constituent effectivement une manière complexe d’aborder la question de l’influence. Les rapports de prescription sont vus comme des sources potentielles d’influence sur les choix et activités des individus, dont les énonciateurs et les caractéristiques doivent être analysés pour comprendre leur performativité. Ce modèle fournit un cadre conceptuel associé à une méthodologie d’analyse précise, sensible à la variété des mécanismes d’influence et de leur niveau d’intervention. Plusieurs exemples d’application seront exposés : suggestions sur les médias socionumériques, achat de vin en ligne, rapports de confiance aux pairs, organisations et systèmes en ligne.
