Melhia Bissière (Faculté de communication, UQAM)
Depuis les dernières années, les réseaux socionumériques connaissent une croissance exponentielle chez les adolescents. Paradoxalement à leur capacité à démocratiser la communication, ces technologies exposent les usagers aux risques de manipulation d’opinion et de pression des groupes majoritaires. Comment les jeunes de 13 à 15 ans répondent-ils à cette influence à Maurice et au Québec dans le domaine de cinq questions de connaissances générales sur les réseaux socionumériques? Peuvent-ils résister à la pression quand un groupe de pairs énonce des opinions contradictoires et unanimes? Quelles différences démographiques sont liées à ce phénomène dans les deux régions? Telles sont les questions abordées par notre étude empirique basée sur une méthode mixte. Notre méthode consiste premièrement à évaluer les opinions individuelles des participants sur cinq questions de connaissances générales. Un exemple de question est: ‘Quelle est la capitale de la France?’. Deuxièmement, une discussion en ligne, portant sur ces questions générales, est entamée avec sept participants. Chacun doit y présenter ses réponses et arguments à tour de rôle. Le groupe est composé de six adolescents collaborant avec l’expérimentateur et d’un participant réel de l’étude, placé en dernière position. C’est dans ce contexte que les collaborateurs forment une majorité unanime et exercent une pression sur ce dernier en donnant des réponses erronées. Nous observons alors la réaction du sujet face à cette influence et déterminons s’il se conforme ou résiste à la majorité. Enfin, une entrevue qualitative est réalisée pour approfondir les observations. Notre présentation comprend les aspects suivants: les perceptions et pratiques des réseaux socionumériques d’une soixantaine d’adolescents, la variation de leurs opinions individuelles face au groupe, les raisons sous-tendant le conformisme et la résistance et les différences démographiques du phénomène. La présentation de l’étude, fondée sur la psychologie sociale de Solomon Asch (1951), se situe dans le contexte de l’évaluation de cinq questions de connaissances générales. Selon le théoricien, 37% d’adultes changent d’opinion face à une majorité contradictoire dans la communication interpersonnelle. Nous nous demandons ce qu’il advient dans les communications numériques chez les adolescents. La formule de présentation privilégie une projection vidéo du cadre théorique, une démonstration et des diapositives illustrant les paramètres et résultats préliminaires de l’étude.
