Entre contextes pré-/post-migratoire et formel/informel d’apprentissage : quels parcours d’usages numériques les migrants empruntent-ils pour s’approprier une langue seconde ?

Olivier Calonne (Faculté des sciences de l’éducation, UQAM)

Dans le domaine interdisciplinaire des TIC et migration, les usages numériques déployés par les migrants lors de leur processus migratoire sont de plus en plus étudiés (Borkert et al., 2009 ; Codagnone et Kluzer, 2011; Spotti et al., 2010). Cependant, peu de travaux ont été consacrés à l’exploration des usages numériques des migrants lorsqu’ils mobilisent les technologies dans l’objectif d’une appropriation linguistique (Adami et Leclercq, 2012), soient les apprentissages qu’ils réalisent dans les contextes formels (institutionnalisés) et informels (personnels). Nous avons mené une étude multicas auprès de cinq migrants adultes d’immigration récente inscrits à des cours de francisation de l’école de langue de L’UQAM. La collecte de données a fait intervenir des entrevues semi-dirigées (n=5) enrichies d’observations participantes (n=10) réalisées dans les lieux où les migrants ont déclaré réaliser leurs principaux usages numériques. L’analyse de contenu (L’Écuyer, 1990) met en lumière des pratiques numériques transversales, mais également spécifiques à chaque parcours d’appropriation linguistique. La présentation proposera un aperçu des résultats sous forme de parcours d’usages numériques. En effet, l’appropriation linguistique comme les usages numériques des migrants chevauche les contextes pré-/post-migratoire et formel/informel de l’apprentissage et gagnent tous deux à être étudiés sous cette forme (Adami, 2012; Collin et al., 2015).